AVEUX DE PARENTS

Maman de 4 enfants, Pascaline nous raconte ses grossesses merveilleuses, ses accouchements pas comme les autres et la vie d’une famille nombreuse.

Je m’appelle Pascaline, j’ai 33 ans et 4 enfants : Nathanaël qui a 9 ans, Bérénice 6 ans, Faustine 4 ans et Gabrielle 2 ans. Je suis infirmière de formation donc en ce moment je travaille à l’hôpital (période spéciale du Covid-19) mais sinon je suis rédactrice web et conseillère éditoriale pour des journaux et des sites internet.

La grossesse pour vous c’est plutôt cool ou auriez aimé que ça dure 20 jours comme les souris ? 

J’ai toujours adoré être enceinte, si je pouvais je ferais d’autres enfants rien que pour la grossesse ! Ça s’est toujours super bien passé. La seule chose que j’ai compris et appris à contrôler au fur et à mesure des grossesses c’est ma prise de poids. Au début je n’ai absolument pas fait attention et je me suis rendue compte par la suite que c’était compliqué. Donc c’est la seule chose qui a différé. Mais dans l’ensemble tout s’est super bien passé, sans un seul problème médical, très traditionnel, j’étais bien préparée.

L’accouchement, c’est vraiment “le plus beau jour de votre vie” ? (Sans mentir !)

Pour mon premier bébé, je suis partie à la maternité alors que j’étais déjà en travail. Ça s’est terminé par une césarienne en urgence après un certain nombre d’heures assez pénibles. Deuxième accouchement exactement pareil. Elle était mal positionnée en plus donc le travail était dans tous les cas inefficace, mais travail quand même pendant très longtemps avant d’avoir une césarienne. Donc ces deux premiers accouchements étaient vraiment éprouvants.

Qu’est ce que vous ressentez quand on vous annonce une césarienne ?

Pour mon premier je n’avais pas pensé une seule seconde à la césarienne. C’est quelque chose qu’on évoque très peu pendant la préparation à la naissance par rapport à l’accompagnement qu’on a pour un accouchement physiologique. En même temps ça se comprend aussi parce que quand on a une césarienne on ne participe pas vraiment, on n’a rien à faire. Je comprends qu’on mette vraiment l’accent sur notre travail en tant que maman à la naissance pour aider le bébé. Mais j’ai trouvé que pendant les préparations il manquait de quelque chose, donc j’étais assez choquée sur le coup.

J’avais la chance d’accoucher dans l’hôpital où je travaillais, et d’accoucher avec des collègues de travail qui sont vraiment des amies, donc même si c’était assez choquant pour moi j’étais super bien entourée, j’avais confiance. Mais ça a été un sacré choc sur le moment. Et j’étais persuadée que pour la 2e grossesse que la vie ne me referait pas le coup, mais le travail commençant à durer un peu, ma péridurale ne faisait plus effet, j’étais crevée, je sentais que la césarienne allait arriver. Effectivement c’est comme ça que ça s’est terminé. J’étais quand même moins choquée parce que j’avais déjà vécu la chose. 

Mais ça n’a rien à voir avec les césariennes programmées de mes deux derniers accouchements. C’était beaucoup plus cool. je savais à quoi m’attendre j’étais bien préparée. Ça a même été crescendo, la dernière césarienne était vraiment parfaite. 

Vous rentrez tranquillement à la maternité, on vous attend au bloc, il n’y a pas d’urgence, de stress, on vous a tout bien expliqué. Mon mari a pu être là pour les deux dernières alors qu’il n’avait pas pu être la pour les deux premières, du coup rien à voir ! C’était vraiment plus confortable.

Comment se passe l’arrivée du bébé dans ce cas là ?

Pour les deux premiers j’ai eu la chance d’être dans une petite pièce pour me réveiller avec mes bébés et le papa. Mais pour les 2 suivantes j’étais en salle de réveil pendant 3h, j’étais complètement dans les vappes je me souviens très bien, j’ai pas du tout mal vécu ça. Je me suis dit que c’était les derniers moments de tranquillité seule avant d’avoir un nouveau né dans les pattes à gérer en plus des autres. Ce temps d’attente était un peu plus compliqué pour mon mari qui avait un nouveau né dans les main qui avait un peu besoin d’être collé à sa maman !

La maternité ça vous change une femme. Quels souvenirs vous ont marquées en tant que maman ? 

Sentir son bébé bouger.

C’est une sensation interne qui est incroyable et quasi indescriptible. C’est quelque chose que j’attendais à chaque grossesse. J’ai adoré avoir des ventres énormes, les rendez-vous pour les échographies… J’ai eu quatre césariennes donc il faut à un moment être raisonnable, mais c’est une aventure que je revivrais volontiers. C’est carrément magique !

La naissance 

C’est très marquant parce que c’est quand même vraiment éprouvant physiquement. C’est un sacré truc à vivre ! Et puis, le choc émotionnel en rencontrant le bébé… C’est pas forcément la grosse prise de conscience mais un vrai choc. 

On attendait vraiment mon premier bébé mais on a quand même eu une espèce de grosse prise de conscience “on est responsable” ! Au delà des petites angoisses qu’on peut avoir sur les premiers soins ou l’allaitement (surtout avec une césarienne, les choses ne viennent pas tout de suite) c’est surtout prendre conscience de la responsabilité d’un tout petit être. Et c’était le même sentiment pour les 4 !

Apprendre à vivre avec un corps nouveau

Ça je crois que c’est un des gros boulots qu’on a en tant que maman, une fois qu’on a été enceinte, il faut réapprivoiser notre corps, et encore j’ai pas accouché par voix basse.
Je crois que c’est ce qui m’a le plus marqué dans la grossesse. Ça prend 1 an à chaque fois, c’était compliqué. En plus d’avoir les hormones qui retombent, on pleure pour un oui ou pour un non, on est toujours dans nos vêtements de grossesse, c’est vraiment trop désagréable. A chaque grossesse j’en ai pris conscience un peu plus vite. 

Les moments où vous avez envie de tout plaquer et partir LOINNN.

Alors c’est très simple : tous les jours à 18h -rire- ! 

C’est fatiguant mais avec le temps on apprend à prendre du temps pour soi et à pas non plus se tuer à la tâche. Donc il y a forcément des moments qui sont plus tendus que d’autres avec une famille nombreuse mais avec l’âge et l’expérience on apprend à s’économiser un peu. 

Vous arrivez à souffler, prendre du temps pour vous ? 

Bien sûr, une fois par jour !

Il y a le temps calme après le déjeuner quand mes grands vont lire dans leur coin et mes petites font la sieste. Ça c’est non négociable, donc ça me laisse environ 1h30 pour recharger mes batteries et travailler accessoirement ! Ils sont couchés à 20h tout le monde est dans sa chambre. Donc il y a pas mal de choses à faire entre temps mais j’ai des pauses dans la journée. Et puis je prends du temps pour moi en faisant du sport deux fois par semaine le soir, et puis les petits plaisir de temps en temps sans problème. 

Un méga fail en tant que maman

J’ai eu un gros moment down pour ma 3ème. On avait déménagé, donc j’étais dans un environnement que je ne connaissais pas et avec des gens que je ne connaissais pas. On est arrivés en septembre pour la rentrée des grands et boom j’ai accouché. 

Et là j’ai eu un moment très difficile où j’arrivais plus à sortir le nez des couches. J’ai été super mal pendant quelques semaines, donc c’était pas la meilleure période. Et je me souviens d’un truc un peu fou, comme on habitait à la campagne, j’avais demandé à ma maman de faire les soldes dans les boutiques à Paris opur moi et de me ramener tout chez moi. Donc elle a pris le train avec toutes les soldes. J’ai gardé ce que je voulais, et elle est reparti avec ce que je voulais échanger et la elle m’a dit “là ça ne va vraiment pas, si tu n’es plus capable de sortir de chez toi pour faire les soldes c’est qu’il y a un souci !”.

Donc c’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait que je ressorte et c’est aussi à ce moment-là que j’ai créé le blog Crazy Cocotte qui a donné naissance au compte instagram après. C’était aussi une façon de m’ouvrir au monde et de sortir mon nez des couches.

The big bêtise d’un de vos enfants qui vous a le plus marquée

On était à un mariage, j’étais enceinte jusqu’au cou de ma 2ème et mon fils avait donc 2 ans. J’avais posé mon sac à main sur un fauteuil, et à un moment la maman de la mariée a voulu s’asseoir sur le fauteuil, donc elle a décalé mon sac à main. Là, mon fils à du croire qu’elle voulait partir avec le sac à main alors il est arrivé et lui a collé une claque ! 

Quand votre fils de 2 ans colle une claque à la maman de la mariée, j’avais envie de partir en courant et m’enterrer très loin ! Ça je pense que c’est la plus grande honte de ma vie de maman.

Un message à passer aux mamans, futures mamans ou jeunes mamans ?

J’ai plusieurs messages à faire passer !

Il faut se faire CONFIANCE, ne pas écouter les conseils des unes et des autres. Tout le monde essaye de projeter un peu ses propres peurs sur votre situation, et quand on accouche tout le monde nous raconte son accouchement qui s’est ou bien ou mal passé, tout le monde essaye de vous apprendre des trucs qu’on a pas forcément besoin de savoir. Il y a quelque chose d’assez instinctif et il faut faire confiance à son instinct. 

Trouver une bonne copine à qui parler et à qui poser les questions bizarres quand on est enceinte. Parce qu’on peut pas forcément en parler à tout le monde. Il faut trouver quelqu’un qui sache bien écouter et qui puisse répondre à nos questions. 

Il ne faut pas trop se mettre de pression dans sa vie de maman. je crois que je suis une maman cool mais c’est important pour moi de garder les enfants à leur place d’enfant et qu’ils ne prennent pas trop de place dans notre monde d’adultes. Je suis pas pour l’éducation très libre, où les enfants vivent leur vie de canard sauvage dans la maison avec des jeux partout. Je pense qu’il y a une place pour tout le monde. C’est façon la plus saine de vivre une parentalité pour moi. Garder un temps pour tout, pour les enfants, pour soi, pour le couple. 

On peut être débordée avec un seul enfant, ça je le comprends très bien, et on peu avoir beaucoup de temps pour soi avec dix enfants. Tout est une question de vision des choses et d’organisation. J’ai été débordée avec un seul enfant et là avec quatre ça roule, j’ai du temps pour moi, pour mon mari, pour mes enfants. Au 3e enfant, ça a un peu ébranlé l’équilibre familial, déjà parce qu’on a plus d’enfants que de bras. Donc on est obligé de s’organiser pour que tout le monde soit contenté. 

Ma maxime depuis mon 3ème bébé : priorité à celui qui crie le plus fort !

📷@crazycocotte