Les femmes donnent la vie depuis la nuit des temps et ce, de mille et unes manières! Il est donc normal que sur les 5 continents, certaines coutumes et autres rituels persistent plus ou moins autour de cet incroyable événement. Poussées par la curiosité, après vous avoir dévoilé un tour du monde des différentes façons d’allaiter, voici donc quelques anecdotes sur l’accouchement à travers le globe.
[SOMMAIRE]
Asie
- Mongolie
Dans cette contrée reculée, située entre la Chine et la Russie, c’est l’ours qui symbolise l’accouchement. Symboliquement, il serait d’usage de se masser ou de se gratter le ventre avec une patte d’ours séchée, transmise par leur mère de génération en génération, dans le but de faciliter l’événement. Pourquoi donc me direz-vous? Car l’ours met bas « sans s’en apercevoir » en marchant ou pendant son hibernation. De quoi mettre toutes les chances de son côté…
- Japon
Il existe de nombreuses coutumes autour de l’accouchement au pays du Soleil Levant mais la croyance la plus répandue encore aujourd’hui, est que les femmes doivent accoucher dans la douleur. Exit donc la péridurale dans la plupart des maternités. Selon la doctrine bouddhiste, souffrir permettrait de créer un lien plus profond avec son enfant.
Autre rituel, plus doux, il semblerait qu'au 5e mois de grossesse, les japonaises se rendent dans un sanctuaire pour « Anzan Kigan », une prière favorisant un accouchement “facile”. Ce même mois, on peut se recueillir dans certains temples lors du « jour du chien » dit « Inu no hi ». La future maman reçoit une ceinture à enrouler autour de son ventre voir un kit avec quelques prières et une bougie. Pourquoi le jour du chien? Tout simplement car les chiens sont réputés pour mettre bas sans difficulté apparente… Il y a deux ou trois jours du chien par mois!
- Vietnam
Le Vietnam apporte énormément d’importance à la « nature » des éléments considérés comme chauds et froids. Pendant la grossesse, la future mère doit par exemple privilégier les aliments chauds et bannir le froid qui augmenterait le risque de fausse-couche. A l’accouchement, on considère que la maman est vulnérable au froid, au vent et « à la magie ». Elle est donc très entourée de ses proches pour rester au « chaud » le plus possible et rester alitée. Certaines croyances entourent la naissance : si l’enfant met du temps à s’engager il sera d’un caractère difficile et s’il naît « coiffé » il aura de la chance toute sa vie…
- Thaïlande
C’est le pays d’Asie où l’on pratique le plus de césariennes (30% environ) pour « éviter la douleur ». Une date est donc programmée ce qui évite d’interrompre des médecins de l’hôpital à un moment inopiné. De plus, l’accouchement naturel serait réservé aux parents à faible revenu et donc mal vu.
- Inde
Lors de l’accouchement, pour faciliter l’ouverture du col, la femme indienne détache ses cheveux et enlève tous ses bijoux (exception faite pour les anneaux d’oreille et de narine). De plus, il est convenu d’ouvrir portes et fenêtres. La jeune mère retourne chez sa mère pour son premier enfant. Enfin, avec l’essor des césariennes à travers le monde, les futures mamans indiennes auraient de plus en plus recours à cette pratique afin que la naissance corresponde aux périodes astrales les plus propices aux fêtes religieuses.
Amérique du Sud
- Mexique
C’est probablement LA plus grosse intox bien symbolique du patriarcat même dans les tribus reculées… Pendant longtemps, une coutume millénaire perpétuée par la tribu Huichol a fait couler beaucoup d’encre et pour cause, il était question d’un rite symbolique où le père du futur enfant, dans une volonté de partager la douleur de l’accouchement de sa femme, aurait recourt à une sorte de torture. Oui oui, car pour ce faire, il serait question que l’on attache ses testicules à une corde dont les extrémités seraient tenues par sa femme. A chaque contraction, elle tirerait sur la corde, pour que le futur père ressente, lui-aussi, une douleur au même moment. Evidemment, spoiler alert : des chercheuses ont creusé et découvert qu’il n’en était absolument rien et que les femmes Huichols accouchaient sans leur mari, souvent seule ou en présence d’un chaman…
- Brésil
Champion du monde toute catégorie de la césarienne! Dans ce pays, c’est quasi culturel, on refuse la douleur de l’accouchement par voie basse. Et c’est aussi un juteux business pour les cliniques brésiliennes : chambres et date réservée bien en avance pour ne laisser aucune place au hasard de la vie, garantissant aucune période creuse ou quasi : tout bénéf. En revanche, c’est aussi un coût… La césarienne est donc surtout favorisée par les plus fortunés.
Quid du placenta? Dans certains pays, le placenta est brûlé pour éviter que les mauvais esprits s’en prennent au bébé. Dans d’autres, il est courant de le cuisiner pour une meilleure récupération. Enfin, en Occident, il a longtemps été enterré sous un arbre ou un rosier…
Afrique
Lise Bartoli écrit dans son livre : « Partout ailleurs, l’accouchement se fait à la verticale, accroupie en Afrique ou debout, accrochée à une corde ou une poutre en Amérique du Sud. Les femmes ont compris que la position allongée était la moins physiologique. »
- Sénégal
Symbole de l’accouchement au Sénégal : la rose de Jéricho, une plante qui pousse dans le désert et qui, utilisée en décoction, permettrait le déclenchement du travail et l’ouverture du col. Mais Lise Bartoli explique également que cette fleur peut servir tout simplement d’image mentale pendant le travail. Car placée dans l’eau, la fleur s’ouvre petit à petit… Poétique!
- Au Moyen Orient
La tradition du « tahnîk » est un rituel qui consiste à frotter le palais du nouveau-né avec une substance sucrée et ce, juste après qu’il ait été essuyé et nettoyé. Soit avec une datte préalablement mâchée. C’est une forme de transmission, qui repousse les mauvais esprits et marque l’accueil du bébé. C’est également lié à un autre rituel, celui de transmettre sa vertu par un jet de salive envoyé dans la bouche du bébé : soit par la sage-femme ou une personne importante de l’entourage.
- Maroc
L’accouchement se faisait à la maison, avec une personne qui masse le ventre et le périnée avec de l’huile. Sont présentes uniquement des femmes, tête nue, le bébé n’est traditionnellement pas lavé et il est coutume de jeter du sel et du henné aux coins de la pièce pour éloigner le mal ou les mauvais esprits. Evidemment, ceci est tiré des coutumes autour de l’accouchement mais beaucoup de femmes accouchent en milieu hospitalier.
A noter : Au Maghreb, il est bien vu que les femmes crient pendant le travail contrairement à certains pays d’Afrique noire où il vaut mieux accoucher en silence pour ne pas attirer les mauvais esprits.
Europe
En Europe, il existe une véritable scission entre les pays où la péridurale est plutôt rare comme en Italie, dans les pays Nordiques, aux Pays-Bas, en Allemagne et, les autres, comme la France, le Royaume-Uni etc. Des pratiques qui sont en pleine mutation…
- Danemark
Dans le blog de Mani Pani, on apprend qu’au Danemark, le suivi médical pendant la grossesse est assez minime comparé à chez nous, et qu’il est d’usage de programmer un déclenchement 2 semaines après la date de terme! Et oui, ici, on pense que la date d’accouchement est une estimation et non une science exacte! Comme tout bon pays nordique, l’accouchement à la maison, naturel, est encouragé. Sinon, on encourage à faire le travail à la maison et de venir à l’hôpital au tout dernier moment. On conseille de prendre du paracétamol, dormir, manger, s’hydrater et même pourquoi pas de boire une bière pour l’effet anesthésique et analgésique! Au Danemark, seulement 28% des accouchements se font avec péridurale et souvent, maman et bébé rentrent à la maison dans les heures suivant la mise au monde. Royal non?