Ce mois-ci chez Popote, on donne - enfin! - la parole aux pères ! Et comment ne pas proposer une interview sans filtre à ces papas qui cartonnent et nous font rire sur Instagram ! On a voulu entendre leurs mots sur la grossesse, l’accouchement de leur compagne et globalement toute cette aventure qu’est la parentalité. Sur les réseaux, Guigui Pop nous fait mourir de rire en postant à la manière des “romans photos” de notre adolescence, son quotidien aux côtés de son fiston.
Pouvez-vous vous présenter ? Où avez-vous grandi, votre parcours etc.
Je suis né à Paris et j’ai un parcours hyper vaste ! J’ai longtemps été musicien, puis DJ notamment chez Madame Arthur pendant 10 ans, avant ça, j’ai créé un programme vidéo pour Pitchfork avec mon meilleur ami. C’est ce qui m’a donné envie de me former en vidéo aux Gobelins, et par la suite, ça m’a permis de travailler au Studio Dailymotion puis avec beaucoup de Youtubeurs par la suite. Les vidéos sur Instagram ont commencé pendant le confinement en 2020 et à la fin de la pandémie j’ai écrit et commencé le stand up ! Aujourd’hui, mon fils a 15 mois et comme il ne va pas à la crèche on s’en occupe à la maison avec ma copine qui est comédienne et céramiste et c’est hyper cool.
Petit, vous étiez quel genre d’enfant ?
Je dirais que j’étais jovial ! Je pouvais jouer seul super longtemps, je pense notamment à mes petites mises en scène avec des GI Joe. Je suis le dernier de la fratrie et d’après mes parents j’étais assez cool. À partir de mes 11 ans j’ai commencé à faire de la batterie dans la cave de l’immeuble. Sinon, ma mère était assistante maternelle et il y avait toujours pas mal d’enfants à la maison. Elle les gardait exclusivement dans ma chambre donc ça forge sûrement quelque chose.
Généralement, dans ces interviews, nos invitées nous racontent comment se sont passé leur grossesse, leur accouchement et leur post-partum… Alors comme on change d’interlocuteur, on a très envie de savoir comment vous avez vécu la période de la grossesse, l’accouchement puis le post-partum de votre compagne !
Pour raconter mon expérience personnelle, avant ma compagne actuelle, j’avais déjà entamé un parcours PMA avec mon ancienne copine et ça avait été très éprouvant. Donc, quand on a décidé de faire un enfant, je pensais que ce serait plus facile, et qu’on pourrait peut-être en avoir un enfant naturellement mais…. Nope. Ça nous a pris pas mal de temps aussi et beaucoup d’essais. Ce bébé était donc très très désiré ! Sa grossesse a été compliquée, elle a eu un diabète gestationnel et une hyperstimulation. De plus, elle voulait un accouchement physiologique donc on s’est pas mal formé sur ce point. Mais, est-ce que ça s’est passé comme prévu ? Pas du tout bien sûr !
Aïe… Comment ça s’est passé ?
En gros elle a commencé à avoir des contractions un vendredi, on venait juste de finir la chambre du bébé en mode dernier coup de pinceau et le soir-même je devais jouer. Elle me rassure en me disant que c’est pas pour tout de suite donc j’y vais. Spoiler : une minute avant que je rentre sur scène, elle finit par me rappeler en me disant : c’est tout de suite. Horrible. On arrive à minuit à la maternité et à 13 heures le lendemain, elle souffrait toujours le martyr. Elle était dans une espèce de transe des contractions que seuls les parents peuvent connaître. Elle est transférée aux Bluets pour une péridurale, là elle est épuisée, on n’a pas dormi. Arrive 20 heures et le col n’est toujours pas ouvert. Minuit : toujours pas ouvert. Finalement à 2 heures du matin ils nous disent qu’ils vont faire une césarienne. Tous nos rêves d’accouchement physiologique s’envolent. À 5 heures on part enfin au bloc. Elle est tellement épuisée qu’elle ne parle plus. Et là, ça s’affole. Un autre médecin arrive. Elle a atrocement mal, l’anesthésiste est imbuvable et me dit que c’est “impossible”. On me donne un masque à lui mettre sur le visage pour qu’elle s’endorme. Et là, comme dans Urgences on me dit « SORTEZ ! » tout le monde s’active d’un coup ! Je me retrouve dans le couloir, tout seul. Horrible ! Je me mets à penser malgré moi à la chanson « Avoir un seul enfant de toi » de Phil Barney haha. Je pleure, bien sûr. Et là, l’infirmière sort avec mon bébé inerte, bras ballants, elle me dit : “Suivez-moi monsieur !”. Je pleure encore. Je suis perdu, je demande des nouvelles de ma compagne, de mon enfant, on me répond : “Ça va aller monsieur” sans plus de détails. On arrive dans une pièce, avec 3 bébés dans le même état, et plein de personnel autour pour les réanimer. C'était terrible, j'étais complètement déboussolé. Et d’un coup, il se réveille, il pleure ! On me le colle directement dans les bras, je me retrouve avec lui dans une chambre, dans la pénombre, dans le silence total... J’apprends que ma compagne va bien et qu’elle est en salle de réveil. C’était l’ascenseur émotionnel. Quand j’étais seul avec mon fiston, je lui ai parlé directement de sa mère, c'était un moment hors du temps. Bref, l’accouchement j’ai trouvé que c’était d’une violence rare. Quand on est parti de la maternité 5 jours plus tard, c’était là le vrai début. C’était les JO de Paris qui bloquaient tout, on était tranquilles en termes de visite, et on a pu retrouver un peu de sérénité.
Wow ! Et après toutes ces émotions, le post-partum, pas trop dur ?
Le post-partum ça a été mais le retour des règles et surtout du SPM c’était hardcore. On est un couple qui s’embrouille quasiment jamais et à cette période, elle a commencé à être intense, car c’était très dur pour elle. Il faut être compréhensif et indulgent, mais c’est pas toujours facile... Au final, en regardant le calendrier on a compris que c’était simplement à cause de son SPM donc maintenant j’encourage grave les mecs à se renseigner ! Ça peut éviter des engueulades inutiles !
Avez-vous pris un congé parental ?
On le garde à la maison et on n’a jamais l’impression que c’est une corvée. Après, j’ai toujours eu des enfants chez moi quand j’étais petit donc je suis habitué. Pour nous, le garder c’est une chance !
Vous faites beaucoup d’humour de votre parentalité sur Instagram, que vous disent les gens par rapport à ça ? Est-ce que dans vos dm les gens vous racontent leurs problèmes de daron ?
Oui plein ! À la base je faisais des vidéos sur un peu tout et n’importe quoi, j’avais rien à vendre donc je m’en fichais un peu. Et puis d’un seul coup, comme je passais 95% du temps avec mon fiston, j’ai commencé à faire des vidéos sur ça. La première c’était sur le lendemain de cuite et sur le fait qu’il fallait assurer et les gens se sont vite reconnus je pense. Je reçois des messages de darons qui me disent merci parce qu’ils ont des enfants en bas âge aussi et qu’ils vivent les mêmes trucs. Et puis je fais de l’humour sans dire que mon enfant est relou quoi ! Je me dis plutôt, mon fils il est génial comment faire pour être aussi génial que lui ?
Concernant la transmission : qu’avez-vous envie de transmettre à votre enfant (par rapport à ce que vous avez reçu de vos parents, la différence de génération…) ?
Mon père, issu d'un milieu modeste, disait souvent « ça c’est pas pour moi » en parlant de l’art contemporain, les restos chics etc. Moi j’ai envie de dire à mon fils que tout est pour lui, il faut se confronter aux choses aussi, même quand on n’a pas les codes, et essayer de comprendre par soi même. Se faire ses propres goûts, sans à priori.
On parle beaucoup des « nouveaux pères » ceux qui changent les couches, qui font à manger et qui en gros s'occupent de leur enfant. Vous trouvez que le rôle du père en 2025 il a beaucoup changé ?
Ma mère m’a écrit un message une fois pour me dire que je m’occupais bien de mon fils parce que je change les couches. Mon père apparemment ne voulait pas y toucher et j’ai d’autres potes qui ont vécu la même chose. Pour moi, c’est pas une option, il faut se responsabiliser, je ne comprends pas que les gens pensent que c’est « bien ou pas bien » de faire des trucs en tant que père, c’est juste normal non ? Personne n’est parfait bien sûr, mais il faut se libérer du modèle à l’ancienne, un père est autant parent qu’une mère.
Votre meilleur souvenir de père à ce jour ?
Toutes les premières fois. La première fois qu’on a déjà établi une connexion déjà. Au début, les bébés ne voient pas grand-chose et il est sur mes cuisses et je lui dis « on va changer la couche ? » et il m’a souri et là j’ai pleuré direct. Quand il a fait ses premiers pas aussi, c’était avec des amis pendant un anniversaire, et j’ai chialé. Le premier toboggan : pareil. Quand il était dans mes bras à la maternité, je lui parlais et je lui disais, tu vas voir, tu vas faire ton premier toboggan, sentir les feuilles d’automne, avoir ton premier pote…
Et le pire ? Le truc qui vous a fait vriller…
C’était une journée assez chargée, j’avais un tournage et le soir je devais me produire sur scène. Ce jour-là, c’est gros SPM pour ma copine et grosse embrouille, on est en mode guerre froide, pas de message ou quasi. Sauf qu’à un moment, elle m’écrit pour me dire que Bobby a vomi 5 fois et qu’elle part à l’hôpital. J’étais en pleine interview, je venais d’être maquillé et je ne pouvais absolument pas partir soudainement et tout planter donc c’était horrible. Heureusement elle était avec sa meilleure pote. Et finalement ça allait, ils sont rentrés et l’embrouille n’avait plus lieu d’être ! Sinon le pire moment à ce jour en termes de stress, ça reste l’accouchement.