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Maman et championne : les confidences de Manon Apithy

Maman et championne : les confidences de Manon Apithy

Chez Popote, on est chaque jour assez émerveillé.e.s par le corps et ses pouvoirs (oui mama, t’es une star, une warrior!) Alors, que penser d’une triple championne olympique d’escrime qui poursuit entraînement et compétition après avoir donné la vie? Les sportives de haut niveau ont toute notre fascination et nous avons eu la chance de rencontrer une star nationale, Manon Apithy, escrimeuse, médaillée d’or aux Jeux Olympiques de 2024, et maman d’un petit Orisha de tout juste un an!  


- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, votre parcours, votre lieu de vie…  


Je m’appelle Manon Apithy, je suis escrimeuse, triple médaillée Olympique, mariée à un ancien escrimeur, Boladé, devenu entraîneur. Nous sommes les jeunes parents d’un petit garçon, Orisha, âgé d’à peine un an. Il commence à marcher et nous sommes en route pour les championnats du monde.  

- Comment s’est passée la grossesse, était-ce une surprise, une période réjouissante ou pénible…? Comment on jongle entre sa carrière de sportive de haut niveau et ce défi pour le corps? 


C’était très planifié, j’avais arrêté la pilule juste après les Jeux Olympiques de Paris et on a eu la chance que ça marche rapidement. L’idée c’était de revenir à la compétition le plus vite possible. J’ai eu doublement de la chance même, car j’ai eu une grossesse facile. Ce qui m’a permis de continuer à faire du sport du début à la fin, de maintenir les compétitions au premier trimestre et la technique par la suite.  


- Avez-vous eu un stress concernant votre carrière? Est-ce que vous aviez des exemples, des amies autour de vous qui vivaient la même chose? 


Le début de ma grossesse était assez stimulant et à la fois épuisant. On découvre tout, on voit le corps se transformer, on apprend le développement du fœtus avec lui, c’est assez dingue. Chaque jour est une petite mission, chaque semaine je faisais le bilan de cette évolution, de ce que mon corps avait fait. Je me demandais aussi comment je pouvais gérer encore mieux. D’ailleurs le fait d’avoir un enfant me permet de mieux gérer mon stress en compétition je trouve. Je donne mon maximum et je sais qu’à la fin je vais le retrouver et ça me ramène à une autre réalité. Ça me rappelle que la compétition finalement, ce n’est pas ce qu’il y a de plus important dans ma vie. 


Et oui, j’ai eu un exemple très proche puisque je partageais la même préparatrice physique avec Elodie Clouvel, qui a accouché à un mois d’écart. Donc on s’est beaucoup croisées, donné des conseils. Ma coéquipière également a eu deux bébés donc on a pu partager ensemble sur ce sujet. On communique entre nous, pas que sur la grossesse et la parentalité bien sûr!  


- Comment s’est déroulé votre accouchement, vous vous étiez préparée?  


Orisha n’a pas voulu sortir donc j’ai été déclenchée par un décollement des membranes et en perçant la poche des eaux. Malgré le déclenchement non-naturel, tout s’est très bien passé. C’est ce jour-là que j’ai découvert les contractions car je n’en avais jamais eu pendant neuf mois. J’ai également demandé une péridurale qui m’a beaucoup aidé. A la fin, je n’ai eu aucune déchirure et je le dois peut-être à un gros travail sur mon corps pendant la grossesse. J’ai eu une prof de danse qui m’a fait travailler la respiration, qui m’a appris à écouter mon corps. On m’a aussi conseillé en amont de ne pas pousser comme une forcenée car apparemment les sportifs de haut niveau ont tendance à pousser plus que la moyenne ce qui peut provoquer des déchirures du périnée. Bref, grâce à mon bébé bien placé, de bons conseils, une bonne préparation c’était parfait.  


- Avez-vous allaité?  


Oui, j’ai voulu allaiter Orisha même si je reprenais l’entraînement peu de temps après l’accouchement. Je l’ai allaité 7 mois mais pas à 100%. Comme je ne produisais pas assez de lait, on a rapidement fait un mix entre allaitement et biberon. Et finalement, l’allaitement s’est arrêté assez naturellement, jusqu’à 5 mois c’était nutritionnel disons et de 5 à 7 mois on était plus sur des tétées de confort. Il s’est détaché du sein tout seul. Je suis assez fière d’avoir réussi car j’ai repris l'entraînement 5 semaines après l’accouchement, la compétition à 3 mois et demi et la coupe du monde à 4!  


- La période du post-partum est parfois appréhendée, aviez-vous des peurs, des doutes?  


J’avais peur de faire une dépression post-partum, je m’y étais même préparée. Et finalement, je pense que grâce à mon alimentation, à laquelle j’ai prêté énormément d’attention, j’ai réussi à y échapper. Je me suis sentie bien, à ma place. Mon mari m’a aidé et soutenu aussi, ça joue. Ainsi que ma préparatrice physique. Et reprendre l’entraînement au bout de 5 semaines m’a fait du bien aussi au mental. J’ai repris assez tôt, ce qui a été rendu possible grâce à la crèche au sein de l’Insep. Orisha y est entré à 3 mois. C’est plaisant de pouvoir le déposer et de m’entraîner à proximité. Que mon mari puisse aussi aller le chercher facilement. En déplacement, Orisha nous accompagne et on prend quelqu’un avec nous pour nous aider. Il nous suit autour du monde!  


- La diversification avec Orisha, racontez-nous!  


Avec beaucoup d'objectivité, Popote m’a beaucoup aidé. C’est super facile à réchauffer, à transporter. Par exemple, je m’apprête à partir à Hong Kong et je sais que je vais voyager avec la valise remplie de Popote, le cœur léger car je sais que Orisha aura ses petits plats, ses compotes, le tout préparé avec des ingrédients bio, français et bien sourcés. Grâce à la large gamme j’ai aussi pu lui faire découvrir un panel d’aliments et il a adoré. 


- C’est comment la vie de famille avec un partenaire qui vit au même rythme? 


C’est génial! Après on ne connaît que ça, on s’est rencontré en tant que sportifs. On passe nos journées ensemble et on adore ça tous les deux, même si d’autres diraient que c’est horrible, pour nous c’est le rêve. C’est même bizarre de ne pas être ensemble finalement. Les rares fois où ça arrive, on s’écrit beaucoup. On aime bien être collés l’un à l’autre. Et puis l’avantage c’est que quand on sort d'entraînement, on a pas besoin de débriefer la journée. On respecte aussi les besoins d’espace et chacun prend du temps pour soi quand il en a envie. Cet équilibre nous va bien.  


Envie de suivre Manon Apithy dans son parcours, ses compétitions et les prochains Jeux Olympiques de Los Angeles? Retrouvez-la sur instagram

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