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La césarienne, c’est quoi ?

La césarienne, c’est quoi ?

Il y a mille façons d’accoucher et parmi elles, il y a la césarienne. Elle peut être choisie, surprise, urgente, subie… Quoi qu’il en soit, on parle peu de cette manière de donner la vie alors que selon la Haute Autorité de Santé, elle représente une femme sur cinq et dans un peu moins de la moitié des cas elle est programmée. Alors, pourquoi ce tabou ? La césarienne, c’est accoucher ! On vous dit tout sur cette intervention. 

[SOMMAIRE]

Qu’est-ce que la césarienne ?   

 

Selon Santé Publique France, la césarienne se définit comme une intervention chirurgicale qui permet de faire accoucher une femme en pratiquant une incision dans l’abdomen puis dans l’utérus. C’est un acte qui est réalisé lorsque les conditions chez la mère ou l’enfant ne sont pas favorables à un accouchement par voie basse. C’est une intervention qui peut parfois, sauver la vie, mais comme toute intervention comporte des risques.  

 

Pourquoi une césarienne ?  

 

Il existe deux types de césarienne :  

 

- La césarienne programmée 

 

Cette décision est prise par votre médecin, avec votre accord, et vous est généralement proposée pour plusieurs raisons. Soit liées au bébé : on pense à une mauvaise position, un poids conséquent, un retard de croissance… Rappelons qu’un bébé en siège n’est pas forcément synonyme de césarienne. Enfin, votre gynécologue peut proposer une césarienne programmée si la maman a précédemment accouché par césarienne (même si un précédent accouchement par césarienne n’est pas synonyme de césarienne une seconde fois), s’il y a un problème de placenta, en cas de pré éclampsie, de diabète, infection ou toute autre complication de santé. 

 

- La césarienne en urgence  

 

Certaines fois, la césarienne s’impose en plein travail, en urgence ou semi-urgence. C’est une décision qui est prise soit parce que le travail n’avance pas (ou plus) soit parce que le col a cessé de se dilater malgré des contractions intenses, soit le col est ouvert mais le bébé ne descend pas. Lorsque la vie du bébé ou de la maman est en jeu, la césarienne s’impose. Enfin, si le placenta se décolle avant l’accouchement, il y a des saignements importants et le bébé, privé d’oxygène, doit être évacué en urgence.  

 

Attention ! Certains parlent également d’une troisième catégorie que s’appelle césarienne « de confort » parce qu’elle serait désirée et donc programmée avec un gynécologue en amont avec la future maman. Petite piqûre de rappel pour les Jean-Michel pas contents, qu’il n’y a jamais rien de confortable dans une intervention et le jugement des autres n’est jamais bienvenu dans la parentalité comme ailleurs. Chacun.e est libre de son corps, de ses choix et de sa manière d’accoucher.  

 

Concrètement, ça se passe comment ?  

 

Si la césarienne est programmée, le protocole dépend des hôpitaux mais globalement on peut dire qu’il y a, comme pour toute intervention chirurgicale, un rendez-vous au préalable avec le médecin anesthésiste. Il est souvent recommandé d’être épilée, de ne pas se maquiller, de porter de bijoux, et être de préférence à jeun. La césarienne se pratique sous anesthésie péridurale ou par blocage rachidien, toutes les étapes vous seront expliquées. Dans de rares cas, la césarienne se fera sous anesthésie générale. Enfin, une sonde urinaire vous sera posée pour vider votre vessie pendant l’opération et jusqu’à la récupération post-anesthésie.  

 

L’intervention en elle-même est assez rapide et dure une dizaine de minutes. Une fois l’anesthésie réalisée, une lotion antiseptique sera appliquée et on posera un champ stérile pour couvrir votre abdomen et vos jambes. Vous pouvez, quand c’est possible, être accompagnée de votre partenaire. 

 

Concrètement, le médecin pratique une incision de quelques centimètres pour atteindre l’utérus et sortir le bébé. Il est ensuite présenté à la maman puis placé sur sa peau pendant que l’on recoud les tissus.  

 

Et après ?  

 

On surveille dans un premier temps que tout se passe au mieux en salle de réveil avant de vous faire remonter en chambre avec votre enfant et votre co-parent. Les sage-femmes vont pendant les premières heures contrôler la cicatrice, la douleur, les lochies et puis vous accompagner pour aller aux toilettes (ce qui n’est pas rien !). Vous pourrez petit à petit vous lever avec une soignante au bout de quelques heures ou le lendemain de l’opération. Comme pour tout accouchement, le personnel soignant veille à ce que l’utérus reprenne petit à petit son volume et sa place grâce à des contractions… Never ending story. Vous aurez peut-être quelques gaz jusqu’à un retour de selles qui peut prendre plusieurs jours et qui peut faire peur après toutes ces aventures, n’hésitez pas à en parler à votre sage-femme. Enfin, l’hospitalisation est un peu plus longue que pour un accouchement par voie basse et peut durer environ 5 jours selon votre forme et celle de bébé.  

 

Et l’allaitement ?  

 

L’allaitement et la césarienne ne sont pas incompatibles. Le peau à peau est recommandé dès que bébé est sorti. Il est possible, quand la situation le permet, de mettre bébé au sein directement ou dans les heures qui suivent l’intervention. Il est préconisé de mettre bébé au sein le plus souvent possible jusqu’à la montée de lait. Sauf qu’en cas de césarienne, cette production de lait peut prendre un peu plus de temps. Selon la Leche League, cela peut s’expliquer par les produits anesthésiants, le stress ou des tétées moins nombreuses, ou enfin, un bébé qui somnole. Il est tout à fait possible d’administrer le précieux colostrum par une pipette en attendant la montée de lait. Faites-vous accompagner par une conseillère en lactation qui vous aidera à mettre en place petit à petit votre allaitement avec patience et indulgence envers votre corps qui vient de donner la vie.  

 

Le retour à la maison  

 

En rentrant chez vous, on vous suggérera de vous reposer au maximum, d’éviter de porter des charges lourdes, d’être alerte sur votre perte de sang et votre cicatrisation. Pour favoriser une bonne récupération, il est déconseillé de prendre des bains et d’aller à la piscine. Enfin, le sport n’est pas recommandé jusqu’au go final de votre médecin. Six à huit semaines après l’accouchement, après une visite post-opératoire, vous pourrez sur les conseils de votre sage-femme ou gynécologue, démarrer la rééducation périnéale et abdominale.  

 

Pour avancer  

 

- En parler  

 

Et oui, ça paraît bête, mais on se forme beaucoup plus sur un accouchement par voie basse que sur une césarienne et forcément le manque d’information peut faire paniquer. N’hésitez pas à parler de vos doutes, de vos craintes, de vos interrogations, bref à poser toutes les questions en amont à votre sage-femme, votre médecin ou un psy périnatal. 

 

- Le projet de naissance 

 

Avant votre accouchement, vous pouvez aussi écrire (ou en télécharger un sur internet) un projet de naissance. Cela permet de mettre par écrit vos souhaits et ce, quelle que soit la situation. Pourquoi ? Parce qu’un accouchement ne se déroule pas toujours forcément comme on l’a imaginé, parce qu’on est sur le moment un peu chamboulé, fatigué, pas forcément apte à discuter de ses volontés.  

 

- Le rôle du partenaire  

 

Votre co-parent est votre soutien et il joue un rôle ultra important dans votre accouchement ! Parlez-lui par exemple du projet de naissance et écrivez-le à deux. 

 

En conclusion, la césarienne a mille facettes. Le vécu émotionnel suite à une césarienne varie et les témoignages sur les réseaux sociaux sont nombreux. Entre les réactions du corps, les douleurs qui peuvent rester… Entourez-vous, parlez, il existe une belle sororité !