Ô terreur, ô malheur, bébé refuse le sein ! Autrement appelé « grève de la tétée », ce rejet est bien plus fréquent qu’il n’y paraît. Cher parent, cette interruption non-consentie n’est pas forcément synonyme de sevrage, pas de panique ! Dans cet article on va vous donner quelques clés pour comprendre pourquoi cette coalition survient et quelques conseils pour y remédier en douceur. Notez que nous ne sommes qu’expert.e.s en langage de bébé, dotez d’une formation de parent avisé, en aucun cas nous ne remplacerons une consultation avec une sage-femme, une consultante en lactation ou tout.e autre professionnel.le de santé.
C’est quoi une grève de la tétée ?
Si votre bébé a moins d’un an et qu’il refuse soudainement et temporairement de prendre le sein, on parle de grève de l’allaitement. Concrètement, dans les faits, on a un bébé ou un tout-petit qui passe de téter plusieurs fois par jour sans encombre à soudainement des cris, des pleurs, une agitation, voire une grosse colère. Résultat : un parent désemparé, une maman qui peut se sentir rejetée par bébé, et surtout une énorme incompréhension.
Il existe différents cas :
- Le refus peut différer de mille et une façons déjà car il existe soit un refus total du sein mais aussi sa variante originale : le refus d’un seul sein.
- Ensuite, la temporalité, également, joue. C’est une situation qui peut survenir aussi bien pendant la mise en place de l’allaitement ou en début d’allaitement, ou tout simplement à la veille de son premier anniversaire.
- La durée de la grève, elle, se situe entre 2 et 5 jours en moyenne. Au-delà, go consulter !
Pourquoi c’est difficile ?
On te comprend mama. Parfois, le projet est d’allaiter pendant un temps donné et les choses ne se passent pas comme prévu, pour une maman, c’est très dur. Souvent, l’entourage s’y met de concert et parle d’accepter la situation et de se résoudre à ce sevrage, choisi par bébé.
Halte là ! Une pause soudaine d’allaitement ne signifie pas forcément que c’est la fin ! Si la situation dure quelques jours, c’est souvent uniquement passager. D’ailleurs, le site de la Leche League rappelle qu’un sevrage se fait souvent de manière progressive, rarement du jour au lendemain.
La question qui tue : pourquoi donc cette grève de tétée soudaine ?
Mais oui, que diable ! Tout ce mal pour le mettre en place, tout ce bonheur partagé ensemble, tout semblait si bien rouler… Alors, que se passe-t-il dans la tête de bébé ? On vous propose quelques pistes.
- L’inconfort digestif, élu problème number one des nouveaux-nés
Avec leur système digestif pas encore bien mature, les bébés et les problèmes de digestion, c’est une relation d’amour (toxique). On pense aux gaz, au RGO, aux coliques…
- Les poussées dentaires, élues problème number two chez les bébés
Chacun son lot face aux poussées dentaires, qui peuvent être plus ou moins longues selon les enfants.
- La confusion sein et tétine
Si vous avez introduit un biberon ou une tétine, cela peut perturber légèrement bébé car l’effort est différent.
- Enfin, tous les petits maux de la vie : une fatigue soudaine, un changement dans le quotidien, un environnement bruyant, le stress de maman, un nez bouché par un rhume passager…
Pour maman, les raisons sont ailleurs :
On vous encourage à rester vigilant et à consulter pour écarter tout problème médical type frein de langue, candidose mammaire, muguet etc.
Pour le reste, voici une liste non-exhaustive de causes pour lesquelles bébé pourrait faire la grève ponctuelle de lait maternel :
- Changement de parfum en tout genre ou de produit d’hygiène. Bébé est une vieille personne dans l’âme qui aime peu les changements et préfère ses habitudes. Cela vaut aussi pour vos cosmétiques.
- Débit du lait trop lent ou réflexe d’éjection trop fort (bébé se débat ou s’étouffe avec le sein)
- Stress (et oui…) provoqué par mille choses mais au hasard le retour au travail, un déménagement, une crise familiale…
Et donc pour s’en sortir, qu’est-ce qu’on peut mettre en place ? A-k-a NOS TIPS
Nous l’avions dit en introduction mais si vous avez lu trop vite, on en remet une couche ici : nous partageons des conseils mais nous ne remplacerons jamais une sage-femme ou une consultante en lactation, n’hésitez pas à consulter !
- Faire un max de peau à peau comme à la maternité. Mettez bébé en couche contre vous pour vous reconnecter, faire baisser les tensions, apaisement garanti et peut-être réveil de ses vieux réflexes ?
- Proposer le sein en semi-sommeil peut changer la donne. C’est vrai, l’idée à l’air bizarre comme ça mais finalement bébé baisse la garde à des moments clés comme : au moment de l’endormissement, ou au réveil quand il est encore un peu dans ses rêves… Il peut se montrer un peu plus coopératif, à tester !
- Changer de position peut également être un game changer. Après tout, qu’est-ce que ça coûte? Il est recommandé de tester la position du « ballon de rugby » allongée sur le côté ou encore d’essayer dans un bain tiède avec bébé. On peut aussi passer du temps seins nus avec bébé sans pression pour le mettre au sein.
- Last but not least, on opte fissa pour un tire-lait le temps que la crise passe… Sinon bonjour l’engorgement ! Quand on pense à tous ces efforts pour maintenir une production de lait suffisante, ce n'est pas le moment de lâcher mama ! Tirez donc votre lait ou exprimez-le à la main. Pour rappel, le lait maternel se conserve 48 heures au frigo et 4 mois au congélateur !
En conclusion, quelle que soit la raison, on ne force pas bébé à téter, on respire par le ventre pour garder la foi et son calme et on fait quelques incantations pour que la crise passe au plus vite. Enfin, les professionnelles sont là pour répondre à vos questions, n’hésitez pas à consulter surtout si la crise dépasse quelques jours.