AVEUX DE PARENTS

Une maternité décomplexée, positive et épanouie avec Sabrina de Nova Mom

Sabrina est l’heureuse maman de M., 8 ans, A., 4 ans et B., 1 an tout juste ! Ancienne ingénieure dans l’agro-alimentaire, elle travaillait dans l’univers du vin et comme elle le dit si bien « J’adorais mon taff ! ». Elle a tout quitté après plus de 10 ans de bons et loyaux services pour fonder Nova Mom, un e-shop qui sélectionne des objets pour une maternité épanouie. Cette envie est née d’un constat : celui de la condition de la femme et de la mère à Paris, de la pression qui repose sur elle, de la société qui nous pousse à travailler toujours plus, toujours plus tard, au risque de passer pour une « flemmarde » si on quitte le travail avant 20 heures. 

Nova Mom vient aussi de l’expérience de maman de Sabrina, en tant que jeune parisienne, soucieuse de son apparence, de ce qu’elle achète, elle ne se retrouvait pas dans les sites très « bruts » sur lesquels elle achetait ses accessoires pour bébé. Alors sur Nova Mom, vous trouvez les écharpes de portage design, les couches lavables tellement soignées qu’on a envie de les instagrammer, des produits pour une parentalité positive ! Car du positif, Sabrina en a à revendre, et on pourrait l’écouter parler pendant des heures (on l’a fait d’ailleurs, ceci n’est qu’un concentré de ses pensées). Nova Mom nous pousse également à consommer moins, et mieux ! Bref, une rencontre inspirante et des conseils avisés, pour toutes les mamans. Rencontre.

Young mother breastfeeding her newborn baby boy at home

Les prémices de la maternité

« J’ai toujours joué à la poupée, jamais aux Barbies. D’ailleurs mon rêve c’était d’avoir un bébé de chaque couleur, je voulais un enfant métissé de chaque origine. Mais bon, A. est blond comme les blés grâce à son papa (alors que je suis méditerranéenne) c’est déjà pas mal ! Je n’ai pas particulièrement fait d’enfant jeune, à un âge normal disons, j’avais 27 ans pour le premier. J’ai surtout attendu ‘le bon’ ! C’était le coup de foudre, une évidence. Pourtant on s’est rencontré en boîte quoi (rires). Dès le lendemain, j’ai dit à ma famille que j’avais rencontré l’homme de ma vie. Tout s’est fait très vite, on a habité ensemble, puis on a acheté une maison, on s’est marié. On est partis en voyage de noces à deux, et on est revenus à trois… 🙂 »

Les grossesses

« La grossesse c’était quelque chose de relativement magique aussi pour ma part. J’insiste je parle vraiment de mon expérience, je sais que j’ai eu beaucoup de chance, j’ai un corps sympa avec moi ! Après comme tout le monde j’ai eu des désagréments, j’ai eu les jambes en POTEAUX, les chevilles qui triple de volume, de très grosses fatigues à chaque fois les trois premiers mois mais je vois toujours le positif. Ma mère a eu beaucoup de mal à m’avoir alors je réalise que j’ai la chance de porter la vie. D’une manière générale, lorsqu’on travaille le mental et qu’on pense positif je pense que cela peut faire des miracles sur notre corps. Et encore une fois, je dis ça alors que j’ai eu des moments de doutes comme chaque future maman. Pour A., à la première écho ils ont détecté une clarté nucale très épaisse, donc on a enchaîné prise de sang, biopsie… C’était super compliqué, mais avec le temps on retient le positif ! »

Les accouchements

« Comme mes grossesses, j’ai adoré mes accouchements. Je sais que ça peut paraître bizarre mais pour moi c’est un peu comme à Noël, en plus on avait gardé la surprise du sexe. J’ai accouché naturellement sans péridurale et j’ai trouvé que cette connexion avec son corps, ce côté un peu primaire c’était magique…Enfait je ne l’attends pas cette péridurale, donc j’ai moins mal. On a fait de l’haptonomie avec mon mari et c’était super pour apprendre à gérer la douleur en couple. On minimise trop le rôle du père pendant l’accouchement ! Le papa c’est le coach en fait, il est là pour accompagner, pour protéger, c’est lui qui communique avec l’équipe quand y’a des choses qui l’inquiètent. Je conseille vivement de faire un projet de naissance, ça permet vraiment de se projeter dans l’accouchement, en couple, d’en discuter, de poser des questions.

L’accouchement sans médication pour moi y’a rien de plus naturel. Beaucoup de femmes en ont peur, mais parce qu’on est beaucoup plus seules face à tout ça aujourd’hui. Il n’y a plus de transmission entre femmes, copines, familles… C’est très tabou. Aujourd’hui on nous accompagne dans la douleur physique mais pas du tout psychique aussi. C’est complètement occulté, alors qu’une jeune maman peut se sentir très seule, blessée. T’es infantilisée pendant toute ta grossesse et ensuite on attend de toi que tu sois impeccable, avec son boulot, ton mec, ton bébé, ton appart clean. Si les hommes portaient des enfants pendant 9 mois ça serait différent, j’en suis persuadée. Cette notion de 4e trimestre est complètement oubliée en France, mais dans beaucoup de société il existe ! Il a cette pression folle, le baby blues avec la chute des hormones. Avant on vivait en communauté, y’avait la mère, la grand-mère pour nous aider, aujourd’hui on est très seules. »

La parentalité

« Ça nous oblige à nous dépasser clairement. Mon fils a eu 1 an récemment et c’est passé en un claquement de doigts, tant c’est riche, intense et fatiguant mais c’est tellement fou ! Je dis toujours : « Avant, on a des principes, après on a des enfants ». Quand on voit les enfants des autres, on se dit qu’on ne fera jamais pareil, on pense savoir où on va sur le fonctionnement, l’éducation, on se projette. Mais quand ils sont là c’est différent. Moi je savais en amont que je voulais porter, allaiter, cododoter mais j’ai découvert l’accompagnement, l’éducation que je voulais en lisant « J’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat. C’est très facile à lire, bien expliqué, parfois drôle, ça permet de dédramatiser. »

Le couple

« Je suis un oiseau de nuit et mon mari lui, est plutôt du matin, alors on forme une bonne équipe. J’ai une maternité très proximale : j’allaite très longtemps, je porte les bébés, on fait du cododo… Mais mon mari a une énorme place dans l’éducation, il s’implique beaucoup. Ce n’est pas parce que j’allaite qu’il n’a pas sa place ! Il n’a pas besoin de le nourrir pour créer un lien avec l’enfant. Il calme les petits par exemple, il est plus patient. Il faut accepter que ça sera peut-être pas forcément comme nous on aurait fait. Comme dans le quotidien, il faut trouver son fonctionnement. On se répartit les tâches en fonction des affinités, du travail de l’autre. Il fait du peau à peau, la sieste avec eux. »

 Les nuits

 « Celui qui a inventé l’expression « dormir comme un bébé » n’avait pas d’enfant ! (Rires) C’est une réalité quand t’as des enfants, le sommeil c’est compliqué. Heureusement on a des ressources ! Y’a forcément des phases où un enfant va dormir moins bien, mais comme un adulte. Il a faim, il a soif, il est malade. Certaines personnes dorment avec une bouteille d’eau à proximité par exemple, on va pas les empêcher de boire, les enfants c’est pareil parfois ça a des besoins la nuits. Mais on s’adapte 🙂 »

Les moments de gêne

« On a bien rigolé avec mon mari en essayant de se rappeler de nos moments de solitude ! Y’a eu d’abord mon plus grand M., c’était à la caisse du Franprix pas plus tard que la semaine dernière. Je précise qu’en ce moment je m’occupe de B. full-time, je fais les aller-retours pour emmener les enfants à leurs activités et je m’occupe de Nova Mom, en clair je suis sur les rotules. On fait quelques courses donc au Franprix, à l’heure de pointe, je paye en carte bleue. Et là, j’entends M. qui crie mon code à mesure que je le tape. Je lui disais de se taire, mais j’ai fini par hausser le ton pour lui dire que ça ne se faisait pas ! Haha. On est sortis, je lui ai expliqué qu’on n’avait pas tous les mêmes codes de carte bleue, que c’était précieux, il a écarquillé les yeux genre wow !

 Autre souvenir dans la voiture cette fois. On s’était bien engueulé avec mon mari, le ton était monté, on était bien chauds, comme ça arrive parfois dans un couple. Et là, on entend une toute petite voix sur la banquette arrière : « Euh, on ne crie pas, on utilise des mots ». C’était A. qui me rappelait la base de notre éducation non-violente ! D’un côté t’as envie de hurler parce que ça ajoute de l’huile sur le feu de ta colère et de l’autre tu te dis : « Mais ils m’écoutent en fait ! » 

Last but not least, M., le plus grand est super curieux. Et mon mari venait d’avoir une discussion avec les enfants à propos de la mort, le genre de discussion qu’on a un jour avec ses enfants. Et puis juste après il les emmène au sport. Sur le chemin, ils croisent un très vieux monsieur et là, M. lui sort : « Ah bah toi, tu vas mourir bientôt hein ! » Gênance. »

Les bêtises

« C’est pas vraiment des bêtises mais des expériences je dirais. On n’a jamais eu de bêtises relou, on a de la chance je pense. Mais en gros l’épisode le plus flippant c’était que B. était en vacances avec nous en Bretagne, on était sur la plage. Et à côté, y’avait un club pour enfants avec un gigantesque toboggan. Un soir, B., voyant que l’accès était possible, court vers le toboggan, on le voit partir, on lui court après mais le temps qu’on arrive il était déjà tout en haut. Nous voyant arriver en détresse, il a paniqué, il a voulu descendre vite, donc il s’est mal positionné et il s’est cogné la tête. On a vu une bosse grosse comme un œuf de pigeon se former à toute vitesse c’était super impressionnant. On a eu super peur. Sinon dans un autre style, le petit dernier, B. adooooore balancer tout un tas d’objets par-dessus le balcon. On a des rigoles pour évacuer l’eau, heureusement en dessous il y a les voisins. La dernière fois c’était les clés de mon mari… »

 

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Des conseils pour les futurs parents

« Faites-vous confiance, écoutez-vous… On a toujours une petite voix intérieure, et il faut apprendre à l’écouter. On vous dira toujours de faire comme ci, ou comme ça. Mais vous seule est capable de savoir ce qu’il faut faire. Cette petite voix, on apprend mieux à l’écouter pour le 2e ou le 3e enfant c’est sûr. Mais il faut que ça résonne juste, pour ton mari, pour ton enfant. On a tous un instinct !

Autre chose que je conseille : demandez-vous « est-ce qu’on ferait ça à un adulte ? » Sous prétexte que ce sont des bébés on a tout un tas de principes. « Il faut laisser un enfant pleurer. » Hein ? Est-ce que si ta pote t’appelle un soir parce qu’elle vient de se faire larguer pour la 15e fois tu vas lui dire « Bon allez, tu pleureras demain, c’est l’heure du dodo maintenant, la vie c’est dur, faut t’y faire ma vieille, je serais pas toujours là ! ». Si tu laisses pleurer un bébé, il va être anxieux, tu vas te retrouver dans une situation compliquée. Materner c’est pareil, on nous dit de pas trop materner, mais quand tu rentres après une sale journée, on a envie que notre mec nous serre dans ses bras, qu’on s’occupe de nous non ? Bref ça marche pour tout. On ne force pas son mari à finir son assiette, on ne tape pas son boss parce qu’il a fait quelque chose qu’il n’aurait pas dû faire. Bon ben avec les enfants c’est pareil !

Il faut accepter qu’il y a des hauts et des bas, y’a des moments où on foire, on est pas des sur-hommes ou des sur-femmes. Quand mon fils me dit que les adultes ont trop de chance, je lui explique qu’on a aussi beaucoup de contraintes. Là, j’ai accouché et monté ma boîte cette année, j’ai aucun recul sur ma parentalité par exemple ! Haha. »