A TAAABLE

L’éveil du goût et les troubles de l’oralité

Vous pensiez que bébé apprenait les goûts et les saveurs en démarrant la diversification alimentaire ? Que nenni ! L’apprentissage se fait même in utero, lorsque bébé baigne dans le liquide amniotique. A la naissance, il dispose déjà de tous les récepteurs qui vont lui permettre d’habituer son palais au panel de fruits et légumes que vous allez lui proposer.

Comment bien démarrer cet apprentissage ? Est-il normal que bébé refuse certains aliments vers 18 mois alors qu’il mangeait de tout auparavant ? On a demandé l’avis de notre diététicienne-nutritionniste préférée Loetitia Pescot afin de vous parler construction du comportement alimentaire, néophobie, épices, stimulation des sens et l’avantage de faire connaître les goûts un à un au tout-petit. Allez c’est parti !

La construction du goût

De la diversification jusqu’à son premier anniversaire ou presque, rappelez-vous que vous pouvez tout tenter avant 9 mois, c’est LA fenêtre où bébé va être curieux et vouloir goûter un maximum de choses. Après, son petit caractère va s’affirmer et cela sera plus compliqué mais on y viendra plus tard. Bref, partez du principe que même si vous proposiez du roquefort, il en mangerait probablement, mais c’est pas pour autant qu’il faut le traumatiser évidemment (et loin de nous l’idée que le roquefort soit répugnant, on adore !). L’idée c’est de proposer le maximum d’aliments, et ça tombe bien chez Popote la variété ça nous connaît : on n’hésite pas à partir sur des goûts francs et prononcés comme l’aubergine, les champignons… Faites-vous plaisir, tout en y allant mollo sur les aliments difficiles à digérer quand même (choux, topinambour…)

On part du principe qu’il faut proposer 10, 15, 20 fois un même aliment avant de savoir si bébé n’aime pas. Bébé peut être surpris, déboussolé, chamboulé par une nouvelle saveur, parfois ça passe, parfois on s’y reprend à plusieurs fois avant qu’il s’y fasse. Comme nous non ?

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Les 5 sens qui rentrent en jeu

Les 5 sens sont hyper importants lorsqu’il s’agit de construire le goût du tout-petit. Le goût, l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat… Ces sens ne sont pas tous développés de la même façon bien sûr, mais certains se sont éveillés dans le ventre de leur maman, lorsqu’il baignait dans le liquide amniotique.

Le lait maternel permet également une grande acceptation de divers aliments. Loin de nous l’idée de juger celles qui allaitent ou pas, ce serait mal nous connaître ! On remarque juste qu’il y a un vrai impact entre la nourriture consommée par la mère et les habitudes alimentaires du futur enfant. Le lait maternel transmet un petit « goût » à bébé, l’habituant ainsi à autre chose que le lait.

En règle générale, bébé n’aime pas ce qui est amer et apprécie ce qui est sucré. Il y a également une appétence pour le beurre, le gras comme le lait maternel riche en lipides.

La vue

C’est le plus important ! Tututut bébé n’est pas prêt à se laisser berner, et tel un jury de Top Chef, il va d’abord juger le visuel. Alors mettez-y votre cœur ! Un repas bien présenté et le tour est joué, bébé se réjouira de goûter. Pensez à séparer les aliments, non seulement c’est plus joli et cela apprend les goûts (d’où l’importance des mono-gourdes de Popote !)

Le toucher

Oui c’est important. Alors, vous n’êtes peut-être pas prêt.e pour vous lancer dans la DME mais vous pouvez acheter une belle blouse et laisser bébé toucher, salir… Cela participe au bon développement du goût.

L’odorat

On a tous une petite madeleine de Proust. L’odeur d’un plat qui gratine dans le four, un réveil avec l’odeur des pancakes dans une poêle… L’odorat est magique. De nombreux livres et jeux se sont créés pour faire participer les plus petits dans l’apprentissage des odeurs. Cette stimulation est importante !

L’ouïe

On va pas se mentir, c’est ce qu’il y a de plus délicat. N’en déplaise à Cyril Lignac, le côté gourmang-croquang n’apparaît que vers 18-24 mois. On peut imaginer des jeux en musique avant cet âge-là pour stimuler l’ouïe.

Le goût

Bon bah là évidemment, on vous fait pas un dessin. Chez Popote nos gourdes de mono-produits bio, juste cuits et mixés : on est sur le goût, sur la gourmandise, que dis-je sur un régal ! Libre à vous de faire découvrir un à un chaque aliment sucré, salé, du poulet au poisson et ensuite suivez nos recettes pour faire des plats de chef qu’il ne saura refuser 🙂

L’aspect comportemental

Le côté culturel joue aussi beaucoup dans l’apprentissage. On vous le répète mais c’est important, pour favoriser une bonne alimentation il est nécessaire d’avoir un enfant bien installé. On installe bébé à la table familiale autant que possible, manger en même temps que lui c’est génial pour le mimétisme ! Aussi : ayez des horaires réguliers, bébé aime les habitudes et des journées bien réglées !

Parfois, les parents ont peur de donner des aliments à un tout-petit, mais il faut se dé-tendre ! On ne fait pas de forcing, on propose, petit à petit bébé finira bien par découvrir les textures, manger des bouts fondants… Baby steps ! Testez, ne forcez pas. On reste dans une ambiance calme, détendue, sans télé si possible. Ayez une cuillère adaptée également ! Une petite bouche = une petite cuillère, logique non ?

L’important c’est vraiment que bébé ne se sente pas exclut. « On ne laisse pas Bébé dans un coin » dit un célèbre dicton donc n’hésitez pas à lui couper un peu de blanc de poulet quand la famille mange du poulet rôti, à lui garder une portion de légumes ou de féculents et de juste les passer au mixeur ou écrasé à la fourchette… Bref, bébé va prendre vos habitudes alimentaires et se faire son propre goût !

Les épices

Les épices sont vos alliées, elles permettent d’assaisonner tout en limitant sel et sucre. En plus on fait découvrir de nouvelles saveurs, c’est tout bénef.

Avant de commencer, choisissez vos épices si possibles bio et faites attention aux dates de péremption (oui, il y en a même dans les épices !). On évite d’avoir la main lourde pour ne pas masquer le goût des autres aliments. Même si on prête des vertus à certaines d’entre elles, les quantités utilisées pour assaisonner sont modestes.

On préconise les associations suivantes : cannelle-pomme, aubergines-cannelle, choux-fleur, courgette et curcuma. Dans un 2e temps vous pouvez essayer le combo gingembre en poudre dans une compote pommeframboise, ou avec des lentilles corail (miam !). On aime : épinards-cumin, brocolis-muscade, carotte-curry doux avec une pointe de lait de coco… Un délice !

Qu’est-ce que la néophobie ?

Dans votre tête vous vous dites « néo » : nouveau et « phobie » peur. Pourtant il ne s’agit pas d’une nouvelle peur, mais bien d’un certain passage obligé chez les enfants. Tout ça pour vous dire dès le part : pas de panique Monique ! « Tous les enfants ont une néophobie vers 18-24 mois et refusent de goûter certains aliments » rappelle notre diététicienne-nutritionniste Loetitia Pescot.

Et oui, cette phase d’individualisation dans laquelle il affirme son caractère s’exprime même dans l’alimentation ! C’est pour cette raison qu’on vous a souvent dit que vous aviez jusqu’à 18 mois pour faire goûter toutes nos petites Popote à bébé, car jusque là, il est plutôt « bonne patte » comme on dit. Après il y a cette phase (car oui, rassurez-vous cela ne durera pas) un peu ingrate où bébé va se rebeller.

Cette phase dépend évidemment que chaque enfant, si vous avez de la chance cela se fait en douceur, bébé se la joue cool Raoul et pour d’autres ça peut être long, très long… Pour la plupart des enfant, la néophobie ne dure pas très longtemps.

Alors comment passer cette étape dans le calme Docteur ?

Répétez après moi «  On ne force pas bébé à manger ». Voilà. On dira plutôt qu’on « propose » de goûter, même juste un petit peu, ou un tout petit, petit, peu. On me dit dans l’oreillette qu’il ne faut pas « tenir les mains de bébé » ou essayer subtilement de lui glisser un dessin-animé pour le distraire, mais enfin on précise mais PERSONNE ne fait ça bien sûr ! Ahem.

On fait donc dans la psychologie : on propose à l’enfant, on le laisse toucher pour qu’il explore, et quand ils sont un peu plus grands on les fait participer à l’élaboration du menu. En gros : on l’apprivoise, on ruse tel un Renard. Rappelez-vous, bébé aime également le mimétisme = mangez avec lui, et proposez-lui un nouvel aliment avec quelque chose qu’il connaît et qu’il aime… Feintez !

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