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Mon corps, ce héros #2 : l’accouchement

Après avoir raconté la grossesse, il nous fallait aborder l’accouchement.
D’autant que s’il y a bien une chose qui fait peur aux femmes (et un peu aux hommes aussi), c’est accoucher. Il faut dire que le « Tu enfanteras dans la douleur » donne moyen envie. Pourtant, l’accouchement c’est un truc de fou Mama. La puissance de nos corps est juste dingue… Tellement dingue qu’on s’est dit qu’il fallait absolument vous raconter et rendre à César (vous, quoi) ce qui lui appartient. Mon corps, ce héros #2, c’est parti !  

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L’utérus, ce gros costaud

Alors lui, c’est celui qui a hébergé votre progéniture pendant 9 mois. Il est passé de 6/7cm de haut à près de 32cm à terme… Autant dire qu’on n’a plus à prouver ses capacités élastiques !
Mais l’utérus, c’est aussi un muscle. L’un des muscles les plus puissants du corps humain, même. Ce sont les contractions de ce même muscle qui vont permettre d’amener « gentiment » bébé vers la porte de sortie.

Ocytocine mon amour

Autant on en entend peu parler en dehors de la grossesse, autant quand on devient parent, il n’y a plus qu’elle !
L’ocytocine, donc. On l’appelle hormone de l’amour ou du bonheur, parce qu’on la sécrète quand on se sent bien, et qu’elle favorise la création de lien social entre les gens. Mais l’ocytocine a également un rôle prépondérant pendant et après l’accouchement.
C’est d’abord principalement à elle qu’on doit la survenue des contractions pendant l’accouchement. Sans ocytocine, pas de contraction. C’est d’ailleurs pour ça que les médecins utilisent parfois de l’ocytocine de synthèse afin de déclencher le début du travail.

Elle augmente pendant toute la durée de l’accouchement et atteint son pic juste après la naissance, ce qui permet de maintenir les contractions pour permettre d’expulser le placenta ; on appelle ce moment la délivrance. Ça tombe bien, c’est aussi le moment de la rencontre avec son bébé, et ça favorise donc la création du lien avec son tout petit.
L’ocytocine a troisième pouvoir magique : avec l’aide de sa copine prolactine, elle permet la fabrication et la mise à dispo du lait maternel.

Bon OK, on ne fait pas toutes le choix d’allaiter, mais… C’est nous ou c’est très très bien fait ?

Les vagues de contractions

Donc merci l’ocytocine, te voilà full contractions. Mais si on t’apprend bien un truc en cours de prépa à l’accouchement, c’est que les contractions ça va, ça vient, comme les vagues quand tu dors peinard à la plage.
Au-delà de te laisser respirer un peu, ça a un vrai intérêt, et c’est une jolie valse d’hormones. Entre chaque contraction, c’est le shoot d’endorphines qui te fait te détendre (et parfois t’endormir !). Et quand tu te relâches, tous tes muscles en font de même… et ton col de l’utérus aussi. C’est comme ça qu’il arrive doucement à s’effacer et se dilater. A-t-on déjà dit à quel point la nature est bien faite ?!?
C’est pour ça qu’on dit parfois « bouche molle, col mou », et c’est là tout l’intérêt de ne pas se crisper (d’autant que le cortisol, l’hormone du stress, ne fait pas bon ménage avec l’ocytocine… tu vois le sujet ?).
Donc on reste centré sur soi, on ne panique pas et on fait de son mieux pour accueillir les contractions : chacune d’entre elle te rapproche un peu plus de ton bébé.

« Okay je vais jamais y arriver, on arrête tout »

Alors celle là, les sage-femmes l’ont déjà entendu quelques fois. Parce que oui, même si on fait le choix d’avancer dans le travail sans analgésique, il y a un moment où on se fait un peu submerger, on en a ras le bol, et c’est généralement là que les femmes qui avaient prévu d’accoucher sans péridurale commencent à se poser des questions !
Coucou la phase de desespérance !

Okay, c’est quoi encore ton truc ? Quand on s’approche de la dilatation complète (dans le cas d’un accouchement physio et sans péri), le corps décharge une grosse quantité d’adrénaline et de noradrénaline. Ces deux hormones sont liées à un état d’hypervigilance, ça permet à la mère de sortir de l’état très autocentré et full endorphines des vagues de contraction pour se préparer à l’étape d’après : la poussée. C’est un regain d’énergie géant, mais qui s’accompagne aussi parfois d’un petit sentiment de « Adieu chéri.e je vais mourir », alors que pas du tout Mama, t’as fait le plus dur !
L’autre truc wahou, c’est quand même que la noradrénaline passe aussi chez le bébé, et que ça créé chez lui un peu le même effet : c’est son top départ pour se préparer à LA rencontre (et au passage du milieu aquatique au milieu terrestre, by the way).

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Faut pas pousser, bébé

Quand on pense accouchement, c’est l’image qui revient : la nana dans son lit d’hôpital qui hurle à la mort pour pousser son bébé hors de son corps. On appelle ça une poussée dirigée.
Mais lorsque les conditions sont réunies, le corps peut aussi se mettre à pousser seul. Mais genre vraiment. Un truc absolument incontrôlable qui serait en fait déclenché automatiquement quand la tête du bébé vient appuyer à certains endroits. Ça s’appelle la poussée réflex, et on nous a déjà raconté que ce serait le truc le plus puissant de la terre ! YOU ROCK MAMA !

Nos corps sont faits pour accoucher (et celui des bébés pour naître)

Alors franchement, quand tu as peu d’accoucher, c’est bien le dernier truc que tu es prête à entendre. N’empêche que c’est plutôt vrai ! Bon on vient de voir la dinguerie des hormones… mais mécaniquement c’est tout aussi fou.
Les os du bassin bougent littéralement pendant l’accouchement : la symphyse pubienne (qui n’est pas soudée) est articulée pour permettre de gagner du mouvement, le coccyx fait de la place pour faciliter le passage… bref ton corps s’adapte !
De son côté, le crâne du bébé n’est pas du tout soudé, ce qui lui permet de rétrécir lors du passage dans le bassin. D’ailleurs, ce mini-héros fait de son côté une double rotation pour placer l’axe de son crâne dans l’axe le plus large du bassin. Oui, un peu comme un puzzle quoi.
On vous entend déjà, et vous avez raison : des fois c’est pas si simple et il peut y avoir des rebondissements (comme un bassin qui peut s’avérer un peu trop étroit pour laisser passer bebe). Ça aussi c’est OK Mama. Ton corps a fait le job jusque là, il a aussi le droit à un petit coup de pouce pour te permettre de rencontrer Bébé.

Les 1001 positions pour accoucher

Le Saviez-Vous ? La position sur le dos qu’on a tou.te.s en tête – aka « la classique » allongée et sur le dos, elle est dite « gynécologique ». Mais cette position c’est pas vraiment physiologique. Marie-Hélène Lahaye, auteure de « Accouchement : les femmes méritent mieux » explique que cette position est la norme parce qu’elle a été imposée aux femmes par et pour les hommes. En 1663, Louis XIV a convaincu son médecin d’imposer cette position à sa maitresse Louise de la Vallière pour qu’il puisse observer la naissance de son enfant en se tenant caché derrière un rideau. Avec la généralisation des accouchements à l’hôpital, cette position s’est imposée en termes de confort… pour l’obstétricien. Aujourd’hui elles le sont sous l’effet de la péridurale. Sympa, nan ?

En fait, pendant la préhistoire les femmes accouchaient plutôt en position accroupie ou dans tout un tas de positions dites “physiologiques” : à quatre pattes, debout, sur le côté… Souvent, c’est le corps qui parle pour indiquer ce qui sera le plus efficace (et le moins douloureux).

Dans le cas d’un accouchement avec péridurale, il est aussi possible d’éviter la position sur le dos et privilégier une position qui mette moins au défi les lois de la gravité ! 😉

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Ton corps, ton choix !

OUI MAMA ! Ton corps est puissant et merveilleux ! Et on espère que tu comprends mieux ce qui se passe dans ce dernier si tu accouches un jour. Mais s’il y a un truc à retenir, c’est que ton corps t’appartient, que tu peux faire le choix d’accoucher dans la position de ton choix, avec ou sans péri, que tu peux refuser un déclenchement ou une épisio (qui a été longtemps pratiquée par confort pour le médecin… mais peut s’avérer indispensable) tant qu’il n’y a pas de risque pour toi ou ton enfant, refuser un toucher vaginal, un monitoring continu (spoiler : il en existe des ambulatoires) et surtout demander à être informée de tous les actes qui sont pratiqués sur ton corps.


Bref ton corps est merveilleux. Même si tu fais le choix de la péri. Même si tu n’accouches pas par voie basse. Même si tout ne se passe pas comme tu l’avais imaginé. Même s’il a besoin d’un petit coup de main pour te permettre de rencontrer Bébé.