AVEUX DE PARENTS

Le Nouveau Corps : confidences de Kelly Bessis

Quel incroyable parcours que celui de Kelly et quel plaisir avons-nous eu de l’écouter raconter son expérience… atypique de la maternité! Cette entrepreneuse est la fondatrice de Boxe ta Vie, coach sportive et influenceuse, elle ne se destinait pas à une telle carrière en étant porteuse d’un pacemaker. Aujourd’hui maman d’un petit Gabriel de 10 mois, installée à Biarritz, elle nous a livré ses multiples aventures, son rapport à son corps et à la maternité. Entretien.  

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PARLONS UN PEU DE VOUS 

Peux-tu te présenter ? Quel est ton parcours ? D’où tu viens … 

Je m’appelle Kelly, j’ai 33 ans, je suis la maman de Gabriel qui a 10 mois et après pas mal de pérégrinations j’habite à Biarritz depuis environ un an et demi. J’ai un travail que j’adore, je suis coach sportive et pourtant, rien ne me destinait à ce métier puisque je porte un pace-maker depuis que je suis petite. On m’a donc toujours dispensé de faire des activités sportives car c’était compliqué… Et puis il y a 7 ans, j’ai eu une rupture douloureuse, genre un mariage annulé deux mois avant la date, donc j’ai décidé de partir faire un break en Thaïlande pour me remettre de mes émotions. Et là, j’ai découvert la boxe et j’en suis tombée amoureuse! Au lieu de rester quinze jours, je suis restée 6 mois. J’ai suivi une formation de boxe thaï de plus de 200 heures et je suis rentrée complètement transformée. Avant, j’étais dans la restauration, j’ai toujours été très active mais il y a eu un avant et un après ce voyage.  

Aujourd’hui, j’organise des événements, des retraites et j’ai aussi créé des programmes en ligne comme la méthode Boxe ta Vie. Je suis tournée vers le bien-être avant tout, le but c’est vraiment de se faire kiffer.  

Comment s’est passée ta grossesse?  

Alors… J’ai eu une grossesse compliquée disons. Pour contextualiser, c’était une grossesse désirée mais c’est allé super vite. On était à Paris à l’époque et notre projet de vie était de déménager à Lisbonne. On a fait quelques mois de repérages là-bas puis on a passé l’été sur la côte Basque. J’avais enlevé mon implant juste avant l’été et je devais faire un petit break de 2-3 mois. Finalement, on s’est dit, après 3 ans de vie de couple, qu’on allait essayer de faire un enfant. Comme ça faisait 10 ans que je prenais des hormones, je me suis dit que ça allait prendre du temps. Et puis… j’ai enlevé l’implant fin juin et je suis tombée enceinte au mois d’août! Ce timing n’était pas forcément top car on avait pour projet de monter un restaurant à Lisbonne, c’était la grosse surprise.  

D’un point de vue santé, il faut savoir qu’à Lisbonne tout était compliqué financièrement. Là bas il y avait une clinique française où je suis tombée sur des médecins vraiment pas sympas. Une fille a quand même dit au père de mon fils « Il est encore temps de partir » et moi elle m’a dit que je pouvais mourir par rapport à mon pace-maker. Elle a carrément refusé de me suivre. Vraiment c’était pas cool! Cette mauvaise expérience a eu pour effet de nous rapprocher et… de faire basculer nos plans.  

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Mon conjoint avait déjà un premier enfant dans le Sud-Ouest, on s’est dit qu’on allait s’installer là-bas. Mais moi je ne connaissais personne donc c’était pas évident… On est rentré en décembre, j’étais enceinte de 4 mois. Et là, l’hôpital me dit que je n’ai plus le droit de prendre l’avion, j’avais un problème de placenta et j’ai dû être alitée de mes 4 mois… Jusqu’à la fin! Tout le monde deviendrait dingue mais pour une femme active comme je suis, c’était vraiment horrible. Mon mec s’est tapé le déménagement tout seul. En même temps, j’ai dû faire face au décès de mon beau-père. J’ai fait une dépression… C’était horrible. Le début de ma grossesse m’avait boosté, j’avais créé Wonder Mama, un programme validé par ma gynécologue où j’avais tourné des vidéos à Marrakech pour futures mamans. Et à partir du 2e trimestre, j’ai fait une dépression intense. Bizarrement, je me suis un peu « oubliée » et donc j’ai vraiment compris que j’étais enceinte vers 7 mois. D’ailleurs c’est là que j’ai commencé à vraiment avoir du ventre etc. Après j’ai eu une infection des reins. A 7 mois, la poche des eaux a percé mais très peu, très finement. J’ai dû rester alitée à l’hôpital et c’est là que j’ai pris du poids. J’avais le droit à 20min de marche par jour. J’allais à l’espace presse, j’achetais des bonbons, des chips. Tout ce que je ne fais jamais!  

La Wonder Family Fiesta est née quand j’étais à l’hôpital car c’est un moment où je me suis rapprochée de ma communauté. J’avais du temps pour parler, pour échanger, pour me confier… Je me sentais beaucoup moins seule grâce à ça aussi.  

Comment s’est passé ton accouchement?  

On m’avait bassiné avec le fait qu’il devait y avoir toute une ribambelle de médecins présents lors de l’accouchement : cardiologue, anesthésiste et tutti quanti. Finalement j’ai été suivie au CHU de Bayonne qui est vraiment top. J’ai été déclenchée à 36 semaines. Tout s’est bien passé, c’était assez dingue comme c’était rapide. Un matin j’ai eu le déclenchement puis la péri. Ils pensaient que ça n’arriverait pas avant la nuit. Puis je sais pas, j’ai senti que quelque chose se passait. Je n’osais rien trop dire. Et puis je crois que j’ai dit un truc genre « Je crois que je vais me faire dessus » ou quelque chose du genre et il se trouve que j’étais en train d’accoucher. Même pas le temps de prévenir le cardiologue. Y’avait pas de côté surmédicalisé du coup, juste ma sage-femme mais c’était parfait et magique même. J’ai maitrisé mon corps, ma respiration, j’étais dans ma bulle avec ma sage-femme, mon mec. En quatre poussées, 8 minutes mon fils était là. J’ai pas fait de malaise, pas eu de problème avec ma pile. Bref, on était super contents! Alors après Gabriel étant né à 36 semaines, il a dû passer quelques jours en néonat, il faisait 2kg100. C’est impressionnant de le voir branché, tout petit, et tous les check-up.  

As-tu allaité?  

J’ai voulu, j’ai voulu. Mais on est passé au mixte rapidement et comme il voulait que ça aille vite, que ce soit simple, disons que l’allaitement a été un foirage complet et qu’on est vite passé au biberon tout court.  

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Comment était ton post partum?  

Après de longues semaines alitées puis l’accouchement, notre vie de parents a commencé. Dans un petit appartement, car c’est une vraie tannée de trouver un logement à Biarritz… On a déménagé 3 fois car tout se loue pour de petites périodes. On a galéré. Aujourd’hui Gabriel a 10 mois et je suis séparée. Donc le post-partum, j’ai l’impression d’être encore un peu dedans. Ça a été une tempête émotionnelle, un bouleversement à plein d’endroits. Je pense que j’ai fait une dépression post-partum qui aujourd’hui est derrière moi. J’ai cru que j’allais pouvoir tout gérer comme avant et que rien n’allait changer mais c’est évidemment impossible. J’ai l’habitude de challenger ma vie, la résilience me correspond sur beaucoup de sujets mais finalement je réalise que si la maladie ne m’a pas arrêtée, Gaby lui, m’a arrêté. Il ne fait que 10kg mais il a réussi à me mettre sur pause. Je suis entièrement avec lui. Comme je suis à mon compte et que je n’ai pas de crèche c’est un peu compliqué. Donc cette première année avec lui est intense, je dirais que c’est un tourbillon et si je m’écoutais je serais probablement partie à Bali mais bon…  

ET CÔTÉ CORPS ?

Quel est le truc qui t’as le plus fasciné ? 

 Le changement de mon 6e à mon 7e mois. J’ai le sentiment qu’il y a un truc qui s’est vraiment passé. J’ai eu un vrai ventre de femme enceinte, des envies que je n’avais pas avant. Comment l’expliquer? Je ne sais pas. J’ai le sentiment que j’ai essayé de contrôler ma grossesse avant ça. À cause de la pression sociale peut-être? Je me disais qu’en tant que coach je me devais d’avoir une super grossesse. Mais je me suis un peu oubliée. Je n’ai pas pris de moment pour moi. Et même dans mon entourage, personne n’a pris soin de moi. C’est à partir du 7e mois que j’ai commencé à prendre mon corps, mon ventre en photo. D’ailleurs j’ai eu des envies de viande rouge moi qui n’en mange jamais, même ma mère n’en revenait pas. En plus, en terme d’alimentation je suis plutôt une « enfant » j’aime les nuggets quoi!   

Qu’est ce qui t’as le plus surpris ? Ce à quoi tu ne t’attendais pas ? Comment tu as géré/gères l’après ? 

Le plus dur, ce n’est pas la perte de poids. J’ai mis 7 mois à tout perdre sur la balance. C’est plutôt une question de forme. Je dirais que ça ne fait que 2 mois que je me sens bien. Pendant 7 mois j’étais très fatiguée. Mes cours de sport j’avais du mal à les tenir, on va pas se mentir. J’ai fait une formation pilates maternité pour pouvoir récupérer plus vite aussi. C’est une formation qui t’apprend la rééducation périnatale que j’ai commencé quand Gabriel avait 2 mois car à l’époque on était retournés à Lisbonne pour rapatrier nos affaires et j’avais trouvé personne sur place pour ma rééducation. En rentrant, j’ai repris mes cours petit à petit et j’ai récupéré mon énergie. Je n’ai plus de carences.  

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Aimer ce nouveau corps, ça t’inspire quoi ?  

 En mauvaise coach, j’ai testé plein de régimes! Même si j’ai retrouvé mon poids d’avant grossesse, mon corps lui, a changé. J’ai pris des hanches, j’ai des poignées d’amour… Je n’avais pas ça avant. Sans boxer, mes bras se sont aussi épaissis. Puis j’ai fait un programme boxe et nutrition et je me sens super bien. J’ai réalisé à quel point l’alimentation est le pilier de tout ça. Ce n’est pas une contrainte, c’est vraiment super important. Avoir mon fils m’a appris à prendre soin de moi dans ce sens. 

 Quel conseil donnerais-tu à une jeune maman?  

 De prendre soin de soi. Alors après bien sûr c’est facile à dire, je suis encore sur ce chemin là, de l’acceptation, de la mise en pratique de ces bons conseils! C’est dur d’être solo avec un bébé, d’être auto entrepreneur mais il faut être doux avec soi-même, laisser du temps au temps. Et le conseil que je donnerais c’est d’accepter que l’on est plus la même femme qu’avant sa grossesse, et ce n’est pas négatif, c’est juste différent.  

Quels comptes Insta t’inspirent sur la maternité ? Des podcasts, films, livres qui t’ont aidé pendant tes grossesses ou sur la parentalité ?  

Sur instagram, j’aime bien Marine Leonardi qui me fait énormément rire et dans un autre style Julia Flabat pour le côté voyage, échappées… Sinon un truc que j’adore c’est la plateforme de Justine et Agathe qui s’appelle Holimama qui regorge d’infos sur la parentalité.